Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

18 06 2007

Nelle Harper Lee

de Harper Lee (née en 1926, aux USA). Titre original : To kill a mockingbird. 434 p

L’action se situe à Maycomb, petite ville de l’Alabama. La narratrice, Scout, âgée de sept ans – véritable garçon manqué, ne songe qu’à faire des bêtises avec son frère Jem, au désespoir de leur père. Atticus, veuf et avocat, tente d’inculquer à ses enfants la tolérance, l’ouverture d’esprit et l’équité, autant de valeurs humaines et civiques qui ne font pas encore l’unanimité dans la société américaine des années 1930. Scout ne comprend pas pourquoi le monde n’est pas tel que son père a voulu lui montrer. L’incompréhension atteint son comble lorsque celui-ci est commis d’office à la défense d’un jeune Noir, accusé d’avoir violé une Blanche.

 

Il s’agit d’un roman sur l’enfance, ses rites, ses difficultés, ses états d’âme. On suit avec émotion la facétieuse Scout qui oppose aux « règles» rigides du monde des adultes une effronterie candide et pleine d’humour. C’est une histoire qui parle à chacun car nous avons tous ressenti de la frustration et de l’incompréhension face aux interdits, nous avons tous (ou presque) en mémoire des bêtises prodigieuses qui ont rendu nos parents fous de rage. Pourtant, il ne s’agit pas d’une simple énumération de souvenirs émouvants ou cocasses. C’est aussi un livre sur l’intégrité et la droiture, ou plutôt, sur le courage moral : comment trouver la force de faire ce qui est juste lorsque vous êtes seul contre toute votre ville ? Comment élever ses enfants afin qu’ils sachent vivre en société tout en portant sur elle un regard critique? Les plus rousseauistes d’entre nous ne se sentiront pas dépaysés ici.

Harper Lee s’est inspirée de sa propre enfance dans l’Alabama pour créer le personnage de Scout, au point que certains ont affirmé qu’il s’agissait en fait d’une autobiographie, ce que l’intéressée a toujours démenti. Ce premier et unique roman de l’amie de Truman Capote a obtenu le prix Pulitzer en 1960. Le film a été portée à l’écran, avec Gregory Peck dans le rôle d’Atticus Finch. Il est étonnant qu’Harper Lee n’ait plus rien publié depuis. Ses admirateurs espèrent secrètement qu’à sa mort, des manuscrits inédits sortiront enfin des placards.

Extrait de la plaidoirie d’Atticus (page 318, éd. Livre de Poche) :

« Nous savons tous que les hommes ne naissent pas égaux au sens où certains voudraient nous le faire croire – certains sont plus intelligents que d’autres, certains ont plus de chances parce qu’ils sont nés ainsi, certains hommes gagnent plus d’argent que d’autres, certaines femmes font de meilleurs gâteaux que d’autres -, certains sont plus doués que la moyenne.

Mais ce pays met en application l’idée que tous les hommes naissent égaux dans une institution humaine qui fait du pauvre l’égal d’un Rockefeller, du crétin l’égal d’un Einstein, et de l’ignorant l’égal de n’importe quel directeur de lycée. Cette institution, messieurs les jurés, c’est le tribunal. »

 


Actions

Informations



Une réponse à “Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur”

  1. 9 11 2007
    camille (13:10:03) :

    bonjour juste mon petit avis sur ce livre : je l’ai trouvé émouvant, triste, angoissant mais avant tous très intéréssant !! voilà

Laisser un commentaire




Ultrarésistance |
Tu l'as dit, Souris! |
Pensées Libres... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | BILAOGY
| LA GRANDE GUERRE 1914-1918
| Le Cercle de Lumière