La grève rend sociable

16 11 2007

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Depuis quelques jours, la France me fait penser à la Roumanie de Ceausescu. Je sors de cours et je me demande avec angoisse si je vais pouvoir rentrer chez moi. L’espace temps se dilate : d’habitude, je suis à une demi-heure (de train) de Paris, là, je suis à deux douzaines d’heures (de marche à pied) de chez moi.

« Y aura-t-il un métro pour me conduire jusqu’à la station de RER ou vais-je devoir y parvenir à pied, quitte à affronter pendant 2h le blizzard qui gèle le bout du nez? Et même si j’arrive à Gare de Lyon, y aura-t-il de la place dans le RER bondé ou devrais-je devoir squatter devant la Banque de France, cette nuit? »

Certains ont préféré investir d’autres moyens de transport. Depuis mercredi 14, le ticket gagnant c’est Vélib et, surtout, Pied’lib ! Du coup, le trottoir parisien est devenu l’arène d’un âpre combat pour l’espace vital de circulation, entre piétons, trottineurs et cyclistes. D’ailleurs, je pense que bon nombre de bicyclettes qui pourrissaient dans des caves humides ont été ressuscitées en prévision de cette grève des transports – le signe qui ne trompe pas : le vélo toute rouillé avec des pneus flambant neufs … Au moins, ça roule, ce qui n’est pas le cas des voitures. Vitesse de croisière : 1,3 km/h. C’est dire si on a le temps de faire son Sudoku avant que la voiture de devant n’avance enfin. Vus d’hélicoptère, les bouchons monstrueux à l’entrée de Paris me font penser à des serpents qui asphyxient la ville, en l’enserrant progressivement. Le bilan carbone risque d’être lourd, pour une grève des transports (la vie apprécie l’ironie comme un bon vin).

Le seul aspect positif, c’est que les gens deviennent plus ouverts et plus sociables. Le mythe du Parisien stressé/pressé en prend un coup. Par exemple, j’ai rarement parlé à autant de gens dans le métro. Dans ces moments, j’ai l’impression que ma tête n’est que l’extrémité d’une grosse boule de corps suants. C’est la moindre des politesses, après tout, que de faire la conversation à quelqu’un qui vous a malencontreusement tâté le fessier ou qui vous permet de vous appuyer sur son embonpoint quand la rame tangue. D’ailleurs, le sujet de conversation est tout trouvé : « Font chier, ces grèves, hein ! ». On se sent plus que jamais solidaires. Encore que, pour certains, c’est « chacun pour soi, une place pour moi ». Je fais allusion au connard qui se jette systématiquement dans le tas au moment de la fermeture des portes, même lorsque la capacité de chargement du wagon est arrivée à saturation depuis longtemps. Je suis sûre que vous voyez de qui je parle !

A tous les usagers des transports, publics ou pas, je nous souhaite un prompt rétablissement de la circulation SNCF-RATP ! En attendant, bon courage à tous …

 


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Une réponse à “La grève rend sociable”

  1. 20 11 2007
    marion (13:05:29) :

    C’est indéniable, la grève, ça rapproche… En ce qui me concerne, je dois sans le savoir avoir une étiquette « je sais tout sur les perturbations, horaires et trajets » collée dans le dos. Pas moins de 4 personnes qui m’ont demandé ce matin si le rer fonctionnait, comment se rendre à tel endroit, si c’était plus rapide à pied ou en bus… bref, j’ai la côte auprès des voyageurs! :)

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