Revolutionary Road, la bien nommée.

22 01 2009

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Parviendrons-nous à échapper à la médiocrité ? Serons-nous meilleurs que ceux que nous méprisons, vous savez, ces gens dont la vie nous paraît tellement banale et insignifiante qu’on n’en voudrait pas, même en promo? Et que faire le jour où on se rend compte que cette vie médiocre, ennuyeuse et insipide, c’est la nôtre ? Ces questions, que nous sommes nombreux à nous poser, sont au coeur du film Revolutionary Road, adapté d’un roman de Richard Yates. Dans la première scène du film, Frank (Leonardo Dicaprio) rencontre la belle April (Kate Winslet). Ils sont jeunes, libres et indolents. Elle rêve d’être actrice, lui veut «vraiment ressentir les choses» :  ayant la médiocrité en horreur, leur projet commun se construit en opposition à la vie conventionnelle de l’Américain moyen.

Seconde scène : les Wheeler sont devenus un couple de banlieusards classique, mariés, deux enfants. Ils pourraient être heureux, il a un bon travail, elle s’occupe des gamins et prépare le dîner. Ils s’aiment encore. Une vie tranquille qui convient parfaitement à leurs voisins, Shep et Milly. Mais leur charmante maison au bout de leur rue «de la Révolution», la «Revolutionary Road», est tout sauf la maison du bonheur. Ils se disputent, se déchirent, se reprochent mutuellement cette vie qu’ils détestent.

«Comment en est-on arrivé là ?» Cela commence par une grossesse inattendue, puis il faut quitter la ville pour prendre une maison, puis trouver un travail pour payer la maison et faire vivre la famille. Puis faire un deuxième enfant pour se prouver que le premier n’était pas une erreur. Les années passent, la vie devient plus tranquille, confortable. Restent les rêves inaccomplis, qui vous hantent comme les fantômes d’enfants morts-nés.

«Est-il encore possible de s’en sortir?» : April et Frank veulent le croire, surtout April, nouvelle variation d’Emma Bovary. Lorsqu’ils prennent la décision de tout quitter pour aller vivre à Paris, la vie retrouve enfin du sens, l’avenir redevient synonyme de joie et de promesses heureuses. On voudrait y croire, on souhaiterait les voir dans ce bateau, pour l’Europe, mais on a l’étrange intuition que ça n’arrivera jamais.

«Pourquoi ?» Il y a de nombreuses raisons à cela : une nouvelle grossesse, une importante promotion, l’argent … Autant de motifs valables mais qui ne parviennent pas à convaincre, surtout pas John, le fils fou à lier de la voisine (et, ironiquement, le plus sincère et le plus lucide de tous) : «C’est une bonne raison, mais c’est rarement la vraie raison».

Quelle est donc la vraie raison qui empêche April et Frank de quitter une vie qui les rend malheureux ? Peut-être qu’ils ne sont pas si extraordinaires, après tout, peut-être qu’ils ne valent pas mieux que les autres, peut-être que cette vie tranquille et confortable est ce qu’ils auront de mieux. «Il n’y a pas de mal à être médiocre», c’est ce que Frank essaie d’expliquer à April, sans  parvenir à la convaincre. Il n’y aura pas de fin heureuse.


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2 réponses à “Revolutionary Road, la bien nommée.”

  1. 24 01 2009
    crAsh (16:53:17) :

    Un joli film dont la simple évocation du scénario est plus puissante qu’une boite entière de Prozac…
    Merci pour le résumé, j’en profiterai pour passer mon chemin.

  2. 16 03 2009
    brokkie (14:54:57) :

    Very good movie! characters seems to popout of the screen, so realistic the makers let you think you are not just a viewer but a participant. Story was a sad one… and not a happy end like the most american feelgood movies.

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